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Publication du Cahier d’études n° 203 : Disentangling the “shadow banking” metaphor
Auteur: Héctor LABAT MOLES
La notion du « shadow banking » est apparue au début de la crise financière globale en 2007. Elle a occupé une place centrale dans les débats sur les véritables causes de ladite crise ainsi que sur la nécessité de la révision du cadre réglementaire au niveau international afin de prévenir à l’avenir l’émergence d’une telle crise. Depuis, une vaste littérature dédiée à la problématique des risques véhiculés par cette composante du système financier a bourgeonné.
Toutefois, l’absence d´une définition consensuelle de cette notion a rendu cette littérature confuse. Ceci est typiquement attribué au fait que le « shadow banking » est un phénomène récent, complexe et en constante évolution. D’ailleurs, plusieurs différences entre définitions demeurent irréconciliables. Souvent, le « shadow banking » est identifié via les asymétries des maturités des actifs et des passifs, tandis qu’il est parfois déterminé selon des activités spécifiques de l´actif ou du passif des acteurs financiers. En outre, bien que le « shadow banking » soit défini le plus souvent par opposition au secteur bancaire, certains auteurs ont étendu son périmètre en y incluant quelques activités bancaires. Ainsi, il n’existe pas à ce jour une définition commune qui permettrait d’établir le périmètre couvert par les activités dites de « shadow banking ».
L’article offre plusieurs grilles de lecture pour l’activité du secteur dit « shadow banking » en analysant une cinquantaine des publications les plus citées. Cet exercice nous a permis d’identifier neuf interprétations différentes de la notion de « banking » et onze de la notion de « shadow ». Néanmoins trois définitions se distinguent par leur dominance. Il s’agit de : (i) la transformation des échéances sans aucune garantie publique, (ii) la transformation des échéances par des établissements non-bancaires et (iii) l’intermédiation financière non-bancaire. L’article révèle également que les publications sont souvent ambigües dans leurs définitions et même incohérentes avec leurs propres interprétations de la notion « shadow banking ». Tout ceci permet de conclure à la présence d’un défi important pour l´analyse des systèmes financiers contemporains.
Le contenu de cette étude ne doit pas être perçu comme étant représentatif des opinions de la Banque centrale du Luxembourg ou de l’Eurosystème. Les opinions exprimées reflètent celles des auteurs et non pas nécessairement la position de la Banque centrale, de ses dirigeants ou de l’Eurosystème.
Ce cahier d’études est disponible sur le site internet de la BCL : www.bcl.lu