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Les détails graphiques

Le portrait du Grand-Duc

Selon Mme Chiara Principe, artiste qui a dessiné les nouvelles pièces, la conception du portrait du Grand-Duc Guillaume résulte d’un processus de réflexion qui a débuté à partir des photos mises à disposition par la Maison du Grand-Duc. Deux en particulier ont retenu son attention : une photo montrant le Grand-Duc de profil, qui a d'ailleurs été retenue, et une photo présentant le Grand-Duc de trois quarts. L’artiste, marquée par l’expression bienveillante, sereine et rayonnante du Grand-Duc Guillaume semblant légèrement sourire, a voulu reproduire à travers les pièces l’optimisme et la confiance qui se dégagent du regard du nouveau Souverain.

L’artiste a ensuite développé différentes versions de dessin possibles autour de ces deux effigies, ce qui a nécessité dans un premier temps d’étudier la reproduction des deux poses choisies. Bien que l’artiste réalise la plupart de ses projets numériquement, pour les portraits, Mme Principe commence toujours par un dessin au crayon, ce qui lui permet de se rapprocher émotionnellement du sujet et d’ajouter de la chaleur et de l’humanité à ses travaux. Après ce premier dessin sur papier au crayon, à la recherche de la ressemblance et du style artistique qu’elle souhaitait adopter, Mme Principe a procédé à la numérisation du dessin et au travail sur ordinateur pour y travailler l'équilibre entre les ombres, l'exposition à la lumière et les demi-teintes et enfin affiner certains détails.

Le Lion luxembourgeois

Pour concevoir le lion utilisé sur les dénominations de 1 et 2 euros, Mme Principe s’est inspirée des armoiries officielles du Grand-Duché de Luxembourg pour créer une version plus moderne et stylisée, s'intégrant parfaitement au graphisme des nouvelles pièces en euros. Le dessin final représente un lion rampant stylisé, dépourvu de détails anatomiques, mais représenté de manière décorative afin d’ajouter une touche artistique à l’ensemble de la composition. Le lion n’est pas représenté dans son intégralité, mais est divisé verticalement, se fondant presque avec le texte « LËTZEBUERG ».

Le drapeau

Aussi bien le motif des dénominations en or nordique de 10 à 50 cents que celui des dénominations cuivrées de 1 à 5 cents, présente un fond graphique qui reproduit le drapeau luxembourgeois en utilisant les codes héraldiques pour représenter les couleurs. Ce procédé est issu de la méthode traditionnelle utilisée en héraldique pour représenter les couleurs des armoiries lorsqu’elles étaient gravées sur du métal et que l’artiste a étudié au cours de ses années de formation. Ce type de coloration symbolique est réapparu sur des pièces récentes destinées à la circulation et où l’utilisation d’émaux n’est pas possible. Le rouge du drapeau est représenté par des lignes hachurées horizontales et le bleu, par des lignes hachurées verticales.

Mme Principe a choisi d’inclure le drapeau luxembourgeois dans ses dessins, puisque celui-ci a toujours représenté l’identité, l’histoire et les valeurs communes du pays. S’agissant d’un symbole qui ne se démode jamais et qui unit le peuple sous un emblème unique, il symbolise un sentiment d’appartenance et de fierté. Les pièces ainsi conçues contribuent également à renforcer ce sentiment d’unité. La combinaison de ces éléments a donc semblé à Mme Principe logique et convaincant d’un point de vue artistique, ouvrant la possibilité à de nombreuses compositions sobres mais évocatrices.

Les polices de caractère

Pour l’artiste, le choix des polices de caractères intervient généralement à la fin du processus de conception graphique. Dans ce cas précis, notamment pour les pièces bicolores d’un et deux euros ainsi que les dénominations d’un à cinq cents, le texte faisait partie intégrante du graphisme. Le choix de la police de caractères était donc un véritable choix de composition. Cela explique le changement de police que l’artiste a opéré sur les dénominations moyennes en or nordique, où l’écriture est dessinée au trait et vient compléter la composition d’ensemble, sans pour autant en être un élément fondamental. Pour les pièces de 10, 20 et 50 cents, l’artiste a choisi comme police de caractère « Montserrat », car lisible et aérée, s’intégrant bien dans l’espace semi-circulaire. En ce qui concerne les autres dénominations, l’artiste a sélectionné comme police d’écriture « Franklin Gothic », car l’inscription « LËTZEBUERG » est un élément clé du graphisme. En effet, il fallait une police plus forte et plus puissante. Cette police, visuellement percutante, communique une impression de stabilité, une valeur qui correspond bien au message que les nouvelles pièces visent à transmettre.

La tranche

La tranche des pièces constitue la « troisième » face des pièces. De par l’utilisation de différentes caractéristiques de tranches et de différents diamètres selon les dénominations, elle sert essentiellement aux personnes malvoyantes pour distinguer grâce au toucher les huit dénominations de pièces.

Pour les dénominations bicolores, la tranche se caractérise surtout par des cannelures fines. La tranche de la dénomination de 1 euro présente une alternance des cannelures fines avec des parties lisses. Celle de 2 euros présente des cannelures fines sur tout le pourtour, complété par un lettrage qui diffère selon les Etats membres. Pour les pièces luxembourgeoises, le lettrage sur la tranche est celui utilisé par plusieurs Etats membres, en l’occurrence « *2* », répété six fois.

Les dénominations moyennes de 10 et 50 cents sont frappées avec une tranche dentelée, tandis que la dénomination de 20 cents est frappée avec une tranche présentant sept « dents » plus profondes, dont la forme est communément appelée « Spanish flower ».

Les petites dénominations de 1 et 5 cents présentent une tranche lisse, tandis que la dénomination de 2 cents est frappée avec une tranche présentant un sillon.

La préparation des outils de frappe

A la réception du plâtre créé par l’artiste, le maître graveur inspecte celui-ci et procède à une opération de palpage à l’aide d’une machine d’acquisition 3D. Lors de cette phase, seul le portrait est palpé.

Une fois cette opération réalisée, le maître graveur crée un fichier 3D dans sa globalité. Il met en place tous les éléments graphiques du dessin : le portrait ainsi que les textes, les étoiles et autres éléments constituant le dessin. Pour ces derniers, il s’appuie sur le fichier vectorisé fourni par l’artiste.

Lors de cette étape, le maître graveur effectue une mise à l’échelle tridimensionnelle du fichier 3D. Il est très vigilant quant au relief des formes et des volumes que la pièce devra avoir, afin de s’assurer d’une bonne remontée de gravure lors de la frappe.

Une fois le fichier 3D créé, celui-ci est envoyé à l’atelier pour l’usinage au laser de l’outil de frappe.  Cet outillage sert à la fabrication des spécimens, qui, une fois validés, serviront à la production des pièces en quantité plus importante.

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